Anécdotes et ecrits

Mon parcours se complète ci-dessous et dans la page « REFERENCES »

Assigny dans le Cher reste un bon souvenir parmi d’autres. Un centre équestre dans les communs d’un château en pleine campagne style vielle France dans le centre de la France. Terrains naturels et prairies immenses, cross de quoi se régaler. Une monitrice sympa que je venais aider pour un surcroît de stages et stagiaires.

Le châtelain propriétaire du centre avenant, simple, gentil et chaleureux dont je n’oublie pas ce moment comme je les aime en bonne compagnie où l’on parle de je ne sais quel sujet intéressant après le travail comme ce fut le cas dans cette grande cuisine à haute cheminée où nous savourions un Sancerre rouge du meilleur cru dont je garde encore une bouteille qui m’a été offerte. Moments simples, anodins mais emprunts de sensations douces et de ce bien-être qui font aimer la vie .J’aime ces moments détendus dans la convivialité.

Avoir été itinérant par des remplacements, vacations ou compléter une équipe d’enseignants en diverses régions de France parfois à plus de 800 km (Finistère, Périgord) est une expérience plutôt enrichissante et ouvrant l’esprit. Découverte d’une région, d’autres ambiances, façons de faire, d’autres mentalités et des rencontres le plus souvent agréables.

J’ai ainsi travaillé en Normandie, Bretagne, Limousin, Périgord, Corrèze. En Ile de France, dans la Drôme, le Bourbonnais, le Cher, la Bourgogne, les Alpes et l’Alsace. Outre les conditions de rémunérations et avantages en nature très motivants; dans beaucoup de cas j’étais aux petits soins et très bien considéré. Il est vrai que j’étais toujours en position de demandé….. Parfois même en urgence.

Ce mode de travail peut s’apparenter à celui de mercenaire. Ce choix et Cette façon de travailler, de bouger, oblige de s’adapter rapidement. A peine arrivé dans un centre équestre qu’on ne connaît pas dans une région où on n’a jamais mis les pieds, il faut parfois savoir improviser et de toute façon prendre la chose en main; car après tout on est payé pour ça.

L’avantage est qu’on est épargné de tout ce qui est paperasserie et administratif pour n’être que dans le vif du sujet c’est à dire les cours ou le travail des chevaux, ce qui m’intéresse. Cela demande de la fermeté, de la méthode, du tact, autant de souplesse que de rigueur. De la réactivité et faire fi de tout dépaysement ou nostalgie comme cela peut nous tomber dessus le soir, seul après le travail.

Je garde un bon souvenir de tout cela. Des routes et des voyages avec cette petite part d’aventure qui met du piment même s’il m’est arrivé de me frotter deux ou trois fois avec quelqu’un : animatrice et palefrenier en l’occurrence.

Déplacements ou absences qui allaient d’une journée à deux mois; en moyenne quinze jours ; après avoir négocié un salaire très avantageux sans comparaison avec les salaires misérables de la convention collective.

L’itinérance et les vacations avec un peu d’expérience permettent plus rapidement qu’en situation ordinaire d’affûter son intuition, son jugement et d’évaluer une situation très rapidement. Autrement dit d’être perspicace. C’est ainsi qu’il m’est arrivé de faire demi-tour le jour même peu après mon arrivée dans un centre équestre en Région Parisienne à 400 km de chez moi. Evaluant vite fait le bourbier dans lequel je devais rester une dizaine de jours ….il est vrai facile à évaluer: Accueil froid, allure louche de l’employeur. Déjà cela, ça ne trompe pas mais : écurie mal tenue, chevaux à l’air triste (pour moi c’est un critère très significatif), chambre nue, un lit de fortune, une pseudo carrière dangereuse et deux, trois questions à un jeune palefrenier et…. stop on arrête là. Ça suffit amplement pour que mon intuition me dise de ne pas m’impliquer mais de déguerpir non sans avoir signifié au dirigeant les raisons de mon départ.

Je quitte en rebondissant le lendemain à quelques 40 km à l’UCPA de Bois le Roi près de Fontainebleau avec lequel j’étais en contact. Là, c’est sérieux. Que des professionnels, du directeur aux nombreux enseignants constituant l’équipe pédagogique. On va pouvoir s’entendre. Et de fait j’ai travaillé dans la joie et la bonne humeur avec mes collègues et les stagiaires.

Depuis quelques temps j’ai cessé mes déplacements loin dans d’autres régions à une ou deux exceptions ainsi que les vacations pour me limiter à une clientèle locale de propriétaires de chevaux.

Si j’en parle c’est parce que j’ai été conquis par tous les bienfaits qu’il procure au cheval depuis que j’ai découvert en lui au fil du temps et de l’expérience des vertus que je ne soupçonnais pas et réalise tout le profit qu’il y a à le pratiquer tant pour le dressage proprement dit que pour la mise en condition, la mise en souffle ,la musculation,le calme et bien sûr la récupération.Oui je suis un grand adepte du pas et j’en fais ici l’apologie.

Le pas. C’est déjà cette allure qui permet dès qu’on est a cheval de jauger la locomotion: souple ou raide ,régulière ou irrégulière etc. . . La soumission aux jambes,aux mains et de se lier au cheval par un pas allongé en accompagnant bien le balancement de l’encolure entre les mains et le bassin, mettant de surcroît le cheval » sur la main « .
Sauf pour certains comme les allemands qui sont avant tout des adeptes du trot.Sinon je crois savoir qu’en général le pas est considéré comme l’allure d’initiation de la conduite, des mouvements et assouplissements avant de les pratiquer au trot et au galop. La qualité croissante des allures étant un témoin irréfutable de notre travail .Ainsi je met l’accent sur l’optimisation de la locomotion au premier chef par du pas et du trot allongés de grande amplitude.

Ce bon et vrai pas; celui ou le dos du cheval grace a une bonne musculature aide les gestes des membres et permet de développer ce pas étendu le cheval  » marchant avec son dos »comme on dit opposé au pas étriqué ou le cheval ne se sert pas de son dos faute d’une bonne musculature dorsale (iliaux-spinaux) mais marche qu’avec ses jambes de façon piquée,raide, comme un geste pendulaire.

En terrain varié et dénivelé au pas rênes longues laissant le cheval jauger le sol et se prendre en charge sans intervenir , rien de tel pour le rendre adroit et équilibré.
J’ai pu constater après de longues sorties au pas combien les articulations se fortifiaient.Les tendons durcissent surtout sur sol dur mais du fait de leur étirement par un pas ample ça maintient leur élasticité.De plus cette allure peut être soutenue longtemps sans fatigue.

J’ai vu des chevaux très nerveux se calmer rien que par du pas allongé au maximum.C’est un moyen pour leur enlever toute velléité de faire un écart ou un bon. Je dis toujours à l’élève dont le cheval déborde d’énergie et est prêt a bondir de  » le prendre dans les jambes », c’est à dire de le pousser fermement au pas très allongé afin qu’il sente qu’il y a un chef,un patron sur son dos via l’autorité des jambes, j’emploie le terme de capitaine par préference. Pourquoi le pas allongé? Parce qu’il ne met pas le cheval dans les meilleures dispositions pour faire du rodeo à l’inverse du pas ralenti avec un cavalier aux rênes raccourcies qui stressent le cheval.Une fois encore ceci n’est pas une pure théorie mais un fait constaté par la pratique.

Lorsque je monte un cheval pour le travailler; après la détente le travail commence et là au pas et encore au pas et rien qu’au pas durant un temps très long qui semble toujours court (minimum 20 à 25minutes)je fais les exercices de gymnastique et de soumission adéquates suivant le stade ou en est le cheval: étirements d’abord comme il se doit puis les transitions du pas allongé au pas ralenti,du ralenti à l’allongé sur des distances ou temps ( c’est pareil) d’abord assez longs puis des distances ou temps plus serrés avec de plus en plus d’exigence quant à la qualité de la soumission- réactivité -légèreté. Après cela s’en suivent des demandes de flexions alternées avec hanches en dedans ,reculer, épaules en dedans en ligne, sur courbes et spirales,descentes d’encolure,relevé et maintient de l’encolure , foule sur une rêne etc. . . . Le cheval acquiert ainsi une légereté au souffle de la botte et passe du pas très allongé au ralenti ou pas compté en deux secondes sur simple grandissement du corps sans rien dans les mains .Sensation d’une bonne mise en mains et de maitrise du cheval.

Dans le travail sur deux pistes le pas m’a semblé être plus opérant qu’au trot ou au galop,le cheval ne pouvant sauter comme au trot ou au galop pour se soustraire au chevalement des membres.
Tout ce travail en amont au pas fait d’exercices très simples mais dans une recherche de perfection ( soumission-impulsion-équilibre- légèreté) s’il n’est pas tout et n’est pas tout, fait énormément, facilite beaucoup pour le reste et s’avère très « payant ».

Lorsque je donne un cours de 2 heures (orienté essentiellement sur le travail du cheval plus que sur la formation du cavalier) ,après la détente je fais faire a mes élèves au minimum de 45 minutes de pas en commençant par mettre le cheval en avant si nécessaire suivit du programme du jour que j’ai prévu par rapport a la séance précédente qui n’échappe pas aux étirements avant de passer aux exercices plus  »concentrés ». Beaucoup d’exercices pour décontracter le cheval ou si on préfère pour détruire les résistances musculaires par autant de flexions de mâchoire que d’assouplissements par des transitions, du reculer de l’épaule en dedans etc. . . afin d’avoir le cheval bien en main et leger dans l’impulsion et pour certains le cheval rassemblé . C’est ce qui se passe fatalement grâce a ces 45 minutes de travail au pas où les éleves bien »installés »sentent alors cette osmose et cette harmonie jouissive avec leur monture.Le centaure se profile! Tout étant affaire de concentration, d’observation de sensations et de tact il va de soit que le cours se fait en interactivité entre les élèves et le prof (bibi). Après; tout le reste aux autres allures semble être  »du gâteau » et en fin de séance j’observe et juge donc le trot et surtout le pas évoluant librement rênes longues pour m’indiquer si on a fait du bon travail et s’il y a progrès ou pas. Si le trot ou le pas s’avèrent être d’une qualité incomparable par rapport au début de séance c’est la preuve d’un travail progressif et juste. Mes élèves sont étonnés au début de cet heureux constat et il y a encore quelques semaines une collègue m’ayant accompagné et assistant à un de mes cours me disait  » ne pas avoir vu autant de progrès . . . des chevaux en si peu de temps » (2h) . Cela est dû essentiellement au pas j’en suis intimement convaincu. Ça fait plaisir de voir « qu’on est dans le vrai » et je suis satisfait malgré mes exigences de progrès . Je le dis aux élèves en faisant le point et on repart heureux .Et pour la petite histoire les 2 heures de cours ne causent aucune fatigue pour les chevaux et les cavaliers car je veille à ça. Il m’importe que les chevaux soient plus en forme en fin de séance qu’au début même après un cours rondement mené .C’est tout a fait réalisable la preuve. Mieux ; ils terminent détendus,décontractés sans jamais avoir été saturés ou en sueur et je le dis parce que c’est flagrant: des chevaux heureux . Car il y a des signes qui ne trompent pas. Certains chevaux de mes élèves me connaissent très bien et lorsqu’ils marchent au pas librement rênes longues avec leur propriétaire sur le dos ils lèvent et tournent la tête et viennent vers moi a l’appel de leur nom! c’est amusant. Ils savent que le sucre ou la caresse les attendent.Car comme je l’ai écrit sur la page  » ma pédagogie » le sérieux et l’exigence du travail avec le cheval ne doit pas empêcher les sentiments et un lâcher prise affectif. Cela fait le plus grand bien au cheval et facilite la complicité alors pourquoi s’en priver! D’ailleurs je commence mes cours par un petit mot et caresser chaque cheval avant d’entamer la séance et durant celle-ci comme je l’ai déjà écrit, les moments de trot et de galop sont très courts mais répétés et la séance entrecoupée de très nombreuses mini poses au pas ou a l ‘arrêt.De poses sucres aussi . . . et pour moi de poses « schweppes » lorsqu’il fait chaud.

Pour étayer mes propos sur les bienfaits du pas dans le dressage ; des écuyers de renom étaient fervents de pas comme Baucher disant que » le pas est la mère de toutes les allures » .C’est vrai, un beau pas génère un beau galop .Pour preuve regardez le magnifique galop des chevaux de courses au canter et durant la course.Regardez leur pas après ou avant la course.Un pas ample,souple délié à la façon dont marche la panthère.Un beau pas donne un beau galop et un beau galop confirme un beau pas. L’ecuyer Dupaty du clam écrit « on ne saurait exprimer tout le bien que cette allure procure au cheval ». Raabe illustre écuyer de Saumur disait de l’écuyer Rousselet « que c’est a l’allure du pas qu’il dressait ses chevaux « . Enfin l’écuyer Boudant écrivait: « je n’essaie le galop et le piaffer qu’après avoir répété et répété le « préparer « au pas comme s’il avait été le but réel du dressage ». Tout est dit.

J’ai pu constater tous les bienfaits du pas pour mettre les chevaux en souffle par de longs temps à cette allure alternés de transitions allongements- hyper ralentissements sur le plat voire en terrain dénivelé au pas libre.Des cavaliers plus compétents que moi : Jean Yves et thierry Touzain à l’époque oû ils montaient en compétition et en équipe de France de complet mettaient leurs chevaux en souffle essentiellement par du pas avec les résultats qu’on connait (années 70-80).

De fait le pas est excellent pour le cœur et la respiration comme pour nous et sachant qu’elle se règle sur le jeu des antérieurs, le cheval a tendance à deux respirations lentes par foulée de pas. Cela a pour conséquence de décongestionner les poumons et de les ventiler. C’est pourquoi le pas allongé est l’exercice respiratoire du cheval.Là, je m’étends volontairement en ouvrant une parenthèse sur les courses pour faire l’apologie des jokeys et des entraineurs. Si pour les entraineurs de chevaux de courses (galopeurs) le galop reste la base de l’entrainement je témoigne de l’importance qu’ils donnent au pas tant avant qu’après les galops le matin à l’entrainement. Lorsque nous terminions les séances de galop à Maisons-Laffitte à l’ouest de Paris chez l’entraineur JeanPaul Gallorini ou en Anjou chez l ‘entraineur anglais mr Hall, c’était au minimum une demi heure de pas et jamais de chevaux en sueur qu’il faut sécher comme on le voit ailleurs ou alors exceptionnellement et volontairement dans un but bien précis. Encore et toujours ce professionnalisme dans les courses qui n’a pas son pareil dans le milieu équestre que l’on connait.Chez l’entraineur Jean Paul gallorini à Maisons-Laffitte chez qui je montais des lots (3 chevaux) certains matins;ce n’était pas une demi heure mais trois quarts d’heure de pas extrêmement lent; les chevaux totalement décontractés,sereins et en pleine forme après leur travail et leurs efforts.Je me souviens de ces longs retours à l’écurie en forêt de St Germain au pas très très lent en file indienne après les galops en suspension debout sur les étriers les genoux au niveau du garrot pour les demi-trains et les bout-vites (grands galops) .Petite parenthèse: Après avoir monté nos pur sang; en fin de matinée; Jockeys ,lads, entraineurs et comme moi les « cavaliers d’entrainement »et ils sont nombreux nous nous retrouvions à » L’Auberge bleue », le café- bar des « gens de courses » en bordure de forêt, toujours bombé de jockeys, de premiers garçons, de cavaliers aux lots comme moi et entraineurs devisant . Ce monde particulier des courses que j’ai un peu côtoyé et appris à connaitre et que je respecte. Messieurs les cavaliers d’équitation classique comme je le suis aussi; je peux vous dire que ces gens là, jockeys et entraineurs en savent un bout sur les chevaux,ils ont des connaissances subtiles et pointues qui nous échappent je vous l’assure quant à l’entrainement de chaque cheval, son tempérament sa psychologie,comment le monter et la stratégie à prendre.Par exemple:J’entends le jokey Alain de Chitray dire: » Ce cheval il faut le monter en « course d’attente parce qu’il a tendance à avoir son second souffle vers 2000m, la distance étant de 3500 m? ». On encore  » ce cheval est susceptible, il n’aime pas avoir un autre cheval à son côté dans le peloton c’est pour ça qu’il a des muserolles australiennes;il peut se placer à l’arrivée avec ce terrain lourd qui lui convient ». « Avec tel cheval j’entends le jokey Christophe Soumillon dire:  » il faut qu’il aille plus sur le mors, il ne se tend pas assez pour mieux le contenir avant les 800 mètres « . J’entends l’entraineur Nicolle dire à la télé sur » Equidia » : « Ce cheval prend son second souffle à mi parcours mais trop tard pour une course de 3000m, il va falloir doubler son » interval- taining »pour améliorer sa petite respiration « ! ! ! (c. a. d.pas celle des poumons mais celle des tissus via les globules rouges donc du sang).!.;Cà c’est du langage de vrai « pro ». Et là encore récemment j’entends à la télé le jockey Charles Boudot dire: . . .